Un défi, 10 bivouacs !

Bivouac #1

Ce jour-là, nous avons quitté Varna à 13 heures après quatre jours de pause (au lieu de deux). Ce jour-là, nous n’étions pas très pressés de reprendre la route, d’autant que la météo n’était pas avec nous : 12 C°, du vent et quelques gouttes de pluie. Ce jour-là, nous avons vécu notre première crevaison sur le vélo de Thibaut. Ce jour-là, nous avons décidé que 24 kilomètres seraient déjà bien assez pour la reprise avant d’aller se perdre dans les montagnes bulgares. Mais c’est aussi ce jour-là, que nous nous sommes lancé un défi! Celui de bivouaquer chaque nuit jusqu’à notre arrivée à Istanbul.

Le budget ici n’était qu’un prétexte. Nous avions surtout envie de nous tester et voir de quoi nous étions capables à l’issue de ces sept premières semaines de vie nomade. Nous avions déjà enchaîné trois bivouacs à la suite. Mais étions-nous capables de faire plus? Et si nous étions amenés à abandonner, quelle pourrait bien en être la cause? Le manque de confort? Le fait de nous sentir trop sales? La fatigue? Avant de partir, nous nous posions beaucoup de question sur le confort et l’hygiène mais avec l’expérience, nous constatons que ces « besoins » deviennent secondaires lors d’un tel voyage. Boire, manger et dormir restent les trois priorités.

Bivouac #2

Le soleil est de retour et la forme avec! Nous attaquons la journée par une bonne côte, ça décrasse! Le paysage change et devient plus montagneux. Nos efforts sont récompensés par de jolis points de vue. Vers 17h, le compteur indique 50 km et 714 mètres de D+, il est temps de trouver un coin pour poser la tente, le soleil se couche dans deux heures. Nous dévalons une grande descente et bifurquons dans un champ avant d’arriver trop bas dans le prochain village et d’attaquer l’ascension d’une nouvelle montagne. Un kilomètre plus loin, nous trouvons un coin d’herbe pour nous installer. Le terrain est légèrement en pente et l’emplacement exposé au vent mais la vue est parfaite. Nous attaquons alors notre rituel. Montage de la tente, rangement des sacoches, attache des vélos, douche express et préparation du repas. Pendant ce temps-là, le coucher de soleil nous offre un spectacle incroyable <3 Le vent souffle de plus bel et la température baisse jusqu’à 10 C°. Ça caille!!! Mais on s’en fiche, on est heureux. Au dessus de nos têtes, nous voyons passer une formation d’oiseaux migrateurs. Comme eux, nous avançons vers le sud à la recherche du soleil! Serait-on une sorte d’oiseaux migrateurs? En tout cas, nous fonctionnons en équipe et nous sommes libres comme l’air. Alors peut-être ne ressemblons-nous pas à des canards, mais ne restons-nous pas de drôles d’oiseaux? On se marre et on va se coucher!

Bivouac #3

Au matin, le vent souffle toujours. Claire a mal dormi et se sent un peu faible. Le réveil est difficile. Thibaut, lui, est en forme. Il s’active pour deux le temps que Claire reprenne des forces à l’abri du vent sous la tente. Nous décollons en milieu de matinée pour trois heures de montée. En haut, nous découvrons une zone plus aride et plus sauvage. Des « safaris », sorte de courses folles en 4×4 y sont organisés. Nous trouvons cette sortie touristique sans intérêt et sommes heureux de pouvoir découvrir le coin à la force de nos petites gambettes!! Après une super descente de 10 kilomètres, nous nous posons dans un village à côté d’une fontaine pour pique-niquer. On en profite pour faire notre vaisselle de la veille. Tout est une question d’organisation! Un groupe de gamins vient boire ici. Chouette, l’eau est potable, on recharge les gourdes avant de repartir pour nous rapprocher de Bourgas avant la nuit. Nous ne voulons pas entrer dans la ville car il serait trop difficile de trouver un coin pour camper. Nous nous arrêtons devant une ancienne mine désaffectée. Thibaut qui adore la photo urbex y voit un parfait spot pour la nuit! Claire semble moins emballée, l’endroit a l’air glauque. Depuis le début du voyage, nous avons un code de conduite : celui qui a un doute ou qui ne sent pas une personne ou une situarion l’emporte. Jusqu’à présent, ça nous a plutôt réussi. On continue. Quelques centaine de mètres plus loin, un chemin bifurque sur un champs. On essaye. C’est là que nous tomberons sur un ancien poste d’aiguillage désaffecté (en tout cas c’est ce qu’on imagine). L’abri parfait qui nous eviterait de sortir la tente. On fait le tour des lieux. Pas de traces de pas, pas de déchets, pas de mégots : l’endroit est sûr. On s’installe, tout excités. Pendant que Claire écrit dans le journal, Thibaut prépare le repas. Ce soir, c’est soupe/fromage. Enfin non, ça aurait dû être soupe/fromage! Le mélange est imbuvable, hyper archi mega salé!!! En fait, c’était plus un mélange d’épices pour relever les plats qu’une soupe, mais vous comprendrez qu’en bulgare on n’a pas compris la subtilité de la chose!! Pain/fromage, c’est bien aussi. De toute façon, c’est tout ce qu’il nous reste avec un « prince » chacun pour le dessert et un carré de chocolat! Le souper parfait. Ce soir-là nous avons aussi vu passer un chacal doré juste sous nos yeux!

Bivouac #4

La nuit fût fraîche et agitée. D’un côté, l’aéroport, de l’autre, la route et les phares des voitures. Pour le reste, heureusement que nous avons de bons sacs de couchage car la température est descendue à 8 C°. On se réveille pourtant de bonne humeur avec les premiers rayons de soleil. On remballe et on file direction Bourgas pour refaire le plein de nourriture. C’est là que nous effectuerons notre premier passage sur de la 2×2 voies! Après étude de nos cartes, nous n’avons pas le choix, c’est le seul chemin pour entrer dans la ville. On enfile nos gilets jaunes et on y va. Ça nous change de nos montagnes où on ne croisait pas beaucoup de voitures mais ça passe. On trouve un supermarché, on goûte et on reprend la route. Encore de la 2×2 voies pour sortir. D’autres cyclistes locaux empruntent cet axe, ça nous rassure, nous sommes exactement où nous devons être! L’après-midi, la route est plus tranquille, c’est un peu vallonné et on repart dans les montagnes à notre plus grande joie. Vers 17h, nous trouvons un coin en forêt pour bivouaquer. Mais pour y accéder, il nous faut traverser un terrain hors sentier jonché de ronces. Ça raccroche dans les sacoches et ça griffe les mollets. Nous arrivons enfin sur notre clairière pour nous rendre compte qu’un chemin praticable nous aurait conduit au même endroit si nous avions tourné 50 mètres plus bas! Un peu plus haut, nous trouvons un petit coin qui nous permettra de profiter encore un peu de la chaleur des derniers rayons de soleil. C’est hyper calme et ça fait du bien. On avale des chips, un plat de pâtes et une soupe que nous terminons dans la pénombre. Allez hop! Vaisselle, les dents, au lit… L’horloge indique 19h30!!

Bivouac #5

Aujourd’hui, nous traverserons la frontière turque!! Cette idée nous anime dès les premiers clignements d’yeux bien avant le lever du soleil. On plie le camp vite fait bien fait, déjà pour nous réchauffer mais aussi parce que l’on sait que la journée va être longue. On attaque par 10 kilomètres de montée, ça annonce la couleur! Très vite, nous entrons dans le parc naturel de Strandja. La route traverse de petites montagnes recouvertes de magnifiques forêts qui ont déjà pris les couleurs de l’automne. Tout simplement splendide! C’est toujours plus facile de pédaler dans ce type de décor. Quand la nature est belle, on oublie la sensation d’effort et la douleur. Alors on grimpe dur et on dévale sec. Les sensations sont bonnes. En chemin, nous passons par le petit village de Zvezdetz qui se trouve au beau milieu de nul part entre deux monts. Alors que Thibaut s’arrête pour prendre une photo, Claire échange avec une toute petite mamie bulgare. Du haut de ses 1,45 mètres, elle revient des champs avec un énorme sac de noix sur le dos, presque plus gros qu’elle. Son mari l’accompagne, il marche avec une cane et ne semble plus pouvoir porter de charge. Elle parle en bulgare mais Claire qui ne comprend rien ressent beaucoup d’enthousiasme autour de la « bicicleta », comme si cette petite mamie l’encourageait et l’admirait. C’est là que la barrière de la langue devient compliquée. Claire ne se sent pas très courageuse à ce moment précis. Non, c’est cette petite mamie bulgare la courageuse de l’histoire! C’est elle qui a sans doute vécu là une bonne partie de sa vie, à travailler dur pour vivre et manger et qui maintenant que son mari ne peut plus travailler, prend le relais et regroupe ses forces pour deux. Claire voudrait lui dire combien elle l’admire, elle! À défaut, sourires et émotions feront passer le message. En tout cas, c’est ce qu’elle espère <3 Nous arrivons à Malko Tarnovo peu de temps après le déjeuner et pour la première fois, nous voyons un panneau indiquant la direction d’Istanbul. Ça nous fait quelque chose, nous ne sommes plus qu’à une dizaine de kilomètres de la frontière. On est hyper motivés et heureusement pour nous car une ascension à 7% nous attend sur 8 kilomètres. Ça grimpe presque tout seul! Juste avant de passer la frontière, nous croisons dans une station service un couple de hollandais qui voyage en 4×4. Ils vont en Indonésie en passant par le Pakistan et l’Inde. On trouve ça cool. Mais quand on leur demande depuis quand ils sont partis, c’est le choc!!! 15 jours pour faire la même distance que nous et même un peu plus!!! 15 jours, vous entendez!?! Les bras nous en tombent. On les envierait presque sur le moment mais après réflexion, nous aimons notre rythme de bikers qui nous donne l’impression d’avoir le temps d’apprécier les pays traversés. Ouf! Arrivés enfin au poste frontière, nos corps frémissent d’excitation, l’émotion est intense. C’est aussi là que nous croisons notre premier Kangal, ce fameux chien que l’on retrouve partout en Turquie et qui a la taille d’un poney. Autant vous dire qu’on fait pas les malins. On passe les contrôles sans problème et nous voilà de l’autre côté. On restera un peu hébétés une petite demi-heure sans trop savoir quoi faire de notre peau, jusqu’à ce qu’on remette les pieds sur terre, réalise qu’il est déjà 17h30 et qu’il nous faut trouver rapidement un coin pour la nuit!! Allez, on remet la machine en route et on repart. Ça remonte et déjà une attaque de chien. Dur. Quelques kilométres plus loin, nous trouvons enfin un chemin qui avance dans la forêt. On ne fera pas trop les difficiles pour le coin, d’autant que Thibaut fait une fringale. Claire prend le relais et en 30 minutes, le camp est posé. Nous réalisons que nous avons 1055 mètres de D+ dans les pattes. Pas de douche, ce soir-là, la fatigue a raison de nous. Une soupe et au lit! Beaucoup de copains roderont autour de la tente toute la nuit <3

Bivouac #6

Réveil à 7h. Thibaut n’est pas très en forme mais sa bonne humeur reviendra avec le soleil et les merveilleux paysages traversés. Le yoyo émotionnel est une des choses les plus difficiles à gérer pour nous sur ce voyage et une des plus éprouvantes aussi. Chaque jour, nous passons par tout un tas d’émotions positives comme négatives qui vont et viennent à la vitesse de l’éclair. Il ne faut pas grand chose pour basculer d’un état à l’autre (fatigue, faim, rencontres, contemplation, orientation, relief…). Un bon mental peut être un atout majeur mais ce que nous avons appri depuis notre départ réside dans le fait qu’il ne faut jamais lutter contre ces émotions. Elles finissent toujours par partir et revenir. C’est donc la joie dans l’âme et le coeur léger que nous nous dirigeons vers Kirklareli, la première ville importante sur notre route après la frontière. Nous devons y faire quelques courses et trouver une carte routière. La route est belle et nous avons même une bande d’arrêt d’urgence rien que pour nous, un vrai bonheur. Le traffic est limité et les quelques camions qui nous dépassent nous encouragent à coups de klaxons. On trouve ça sympathique. Le terrain est assez vallonné et nous donne quelques suées mais ce relief nous offrira aussi notre premier record de vitesse à 62,98 km/h!! À midi, nous avons fait près de 40 kilomètres en 3 heures, on est en forme! En approchant du centre-ville, nous découvrons une effervescence, bien nouvelle pour nous. Ça bouge, ça roule, ça klaxonne, ça rie, ça crie, ça grouille. Le changement est radical! Nous observons le spectacle avec délectation sur la place du village en mangeant notre pique-nique. Nous ne manquons de rien mais une femme qui sort de nul part vient nous offrir deux petits concombres. On est bluffés. Plus loin sur un banc, une bande de jeunes nous regardent du coin de l’oeil en souriant jusqu’à ce que le plus courageux vienne nous demander d’où l’on vient, comment on s’appelle. Du coup, ils débarquent à quatre, tout sourire, pour nous serrer la main. Dans la rue on nous salue, « hello » par-ci, « hello » par-là. Ils ont l’air contents de nous voir, c’est un peu dingue!! Puis, nous partons à la recherche de notre fameuse carte routière. Thibaut entre dans une papeterie, on lui en indique une autre. Il se fait alors emener dans une pharmacie où une femme parle anglais. Le temps que tout le monde comprenne ce qu’il veut et le voilà de retour à la papeterie. Ils n’ont pas de carte mais ils n’abandonnent pas pour autant! Direction la librairie où il trouve enfin ce qu’il veut après 30 minutes un peu intenses. Pendant ce temps-là, Claire se fait offrir le thé, tranquille! Nous sommes stupéfaits de la générosité turque. Nous repartons épuisés de cette étape urbaine et allons chercher un coin où dormir. On ne vous avez pas dit, mais lors du passage de la frontière, des gardes armés étaient postés aux alentours. Et tout au long de la route, nous dépassons de nombreux camps militaires. Au début, notre premier réflexe est de paniquer, puis nous nous disons que c’est un gage de sécurité et ça nous rassure. Généralement, les camps sont infranchissables. Si on vous raconte tout ca, c’est parce que ce soir-là, nous en avons trouvé un à l’abandon. Non loin de la route, la zone ressemble à un camp d’entraînement. Nous la traversons par curiosité, personne. Il y a des abris, ça nous semble pas mal pour passer la nuit. Nous imaginons qu’un commando en exercice pourrait débarquer à 2h du matin. Ça nous fait marrer et nous décidons de tenter notre chance quand même! Pas d’adrénaline ce soir-là, la nuit sera douce et reposante.

Bivouac #7

La veille, nous avons réservé notre hébergement à Istanbul et décidé qu’on effectuerait les 200 derniers kilomètres qu’il nous reste en trois jours. Un objectif qui nous permet de passer de 10 à 8 bivouacs et de limiter l’accumulation de fatigue. C’est comme ça, que nous nous retrouvons sur nos vélos à 8h30, pas une minute à perdre!!! Le soleil est au rendez-vous mais une forte brise nous chatouille le visage. Au loin, les nuages sont retenus par les montagnes que nous avons traversées la veille. Espérons qu’ils y restent! Une heure et dix kilomètres plus tard, le vent s’intensifie et le ciel s’est couvert. C’est ainsi que commence un combat sans merci entre le vent et nos montures. Nous sommes cloués au sol et progressons entre 5 et 10 km/h sur une route plutôt plate. L’angoisse!! En fin de matinée, nous faisons une pause dans un petit village. Un monsieur qui vient du bar à thé d’en face vient nous offrir deux de ces fameuses boissons chaudes et, pour le coup, très réconfortantes. Nous nous installons sur la terrasse du café pour nous abriter du vent. Nous commandons un autre thé et puis un type nous en offre un autre. Nous décidons de reprendre la route avant de nous transformer en théière géante! À peine sur nos vélos que la pluie s’invite. Double tuile! On s’arrête avant la sortie du village devant une maison pour enfiler nos sur-pantalons de pluie. Une petite mamie turque nous fait alors signe de venir nous abriter sous son balcon. Vraiment? Eh bien, oui, elle insiste! On a froid et on se dit que si ce n’est qu’une averse autant rester au sec, alors on accepte. Elle nous installe sur une table de jardin, nous montre les toilettes et nous apporte une énorme théière remplie! C’est incroyable, on n’en revient pas de tant de générosité spontanée. Pendant ce temps-là, la pluie s’intensifie. Nous nous résignons, il faut repartir malgré tout. Nous profitons d’être abrités pour avaler un sandwich vite fait et repartons après avoir chaleureusement remercié notre hôte. Le froid nous gagne rapidement, rien de pire que le vent pour un cycliste! Nous avançons comme nous pouvons mais Claire est au bout du rouleau. Thibaut, quand à lui, garde la forme et prend même le temps de faire une vidéo pour vous!!

À quelques kilomètres de Vize, nous trouvons un abri de vente de fruits et légumes et nous arrêtons une petite heure espérant que la pluie s’arrête. C’est un échec, il faut repartir, au moins jusqu’à Vize. L’épreuve ultime pour Claire qui n’en peut plus des camions qui nous rincent et qui pour évacuer fatigue, froid et stress, se met à hurler sur son vélo. Technique qui s’avère très efficace au passage et qu’elle vous conseille! Arrivés à Vize vers 16h, nous n’avons fait que 43 kilomètres. Le froid s’est incrusté jusqu’aux os. Nous ne sommes pas très motivés pour le camping mais ne voulons pas tout de suite opter pour l’option « hôtel ». Nous tentons alors un warmshowers qui nous semble un bon compromis. Nous envoyons un message à un contact qui a l’air plutôt réactif et disponible et décidons d’attendre dans un coin chaud jusqu’à 18h. Nous passons devant de nombreux bars à thé mais n’y voyons aucune femme. Dans le doute, on n’ose pas trop entrer. Nous nous faisons alors inviter dans un restaurant par un type qui doit avoir pitié de nous. Nous optons pour une soupe en goûter. Elle est excellente mais elle ne nous réchauffera que partiellement. Pas de nouvelle de notre ami warmshowers. Il n’y a qu’un seul hôtel et nous ne savons pas à quoi nous attendre en matière de prix. Nous décidons d’aller nous renseigner. Si les tarifs sont raisonnables, nous restons, sinon il nous faudra trouver un bivouac comme convenu. Verdict : 41€ pour nous deux avec petit-déjeuner turque compris. Réponse plus bas en photo!

Nous sommes un peu déçus de céder, mais vu notre état, c’est une affaire qui nous va bien. Nous savons que sans cette météo horrible, nous aurions eu le moral et la motivation pour continuer! Mais après réflexion, nous avons tout de même enchaîné 6 bivouacs à la suite sans manquer de rien et en restant plutôt propres. On se dit que pour les apprentis nomades que nous sommes, c’est déjà un bel exploit. Pour le reste, la douche ne suffira pas à nous réchauffer. Il nous faudra un bon repas chaud et une bonne nuit de sommeil pour nous remettre complètement de nos émotions.

Bivouac #8

L’hôtel se trouve juste en face d’une mosquée et nous nous faisons réveiller par l’appel à la prière à 6h30. Réveil sourire. Oui, oui, nous sommes bien en Turquie <3 Ce matin-là, nous goûtons notre premier petit-déjeuner turque et on peut vous dire qu’on n’est pas prêt de l’oublier!! Fromages, tomates, olives, concombres, oeufs durs, melon, pain, beurre, miel, confiture. Si différent de nos petit-déjeuners continentaux mais tellement copieux et savoureux. Ça tient au ventre! Nous sommes reposé et plein d’énergie et pouvons reprendre la route. Aujourd’hui, nous devons rattraper notre retard et rejoindre la ville de Silivri à plus de 70 kilomètres de là. Le soleil est de retour et le vent léger. Nous commençons à traverser des villes importantes. Certaines d’entre elles semblent très récentes. On a l’impression que les immeubles sont tous neufs et qu’ils ont poussé comme des champignons. Beaucoup de logements ont l’air encore inoccupés. Ont-ils construit en masse parce qu’il y avait un réel besoin ou bien ont-ils construit dans l’espoir de voir les populations se concentrer dans ces endroits comme en Chine avec les villes fantômes? On ne sait pas trop. Nous voyons juste l’avantage des belles routes et du trafic modéré. Ça nous va bien! Par contre, toutes les villes turques sont construites sur des collines. On se tape de sacrées belles côtes qui nous épuisent un peu, d’autant que le soleil tape fort. En milieu d’après-midi, nous aurons comme une récompense avec une descente de plusieurs kilomètres surplombant la mer de Marmara que l’on voit pour la première fois! Ça nous redonne un peu d’énergie. Une fois en bas, nous rejoignons la voie rapide qui nous mènera droit jusqu’à Istanbul. Tout de suite, nous sentons que les véhicules ne sont plus si friendly. Ils nous klaxonnent, mais ce ne sont plus des encouragements, plutôt une mise en garde du genre « Range-toi sur le côté, j’arrive ». Sauf qu’il n’y a pas de côté! On tient les guidons bien droits et on pédale. Vers 17h à quelques kilomètres de Silivri, nous demandons à une station service si nous pouvons planter notre tente sur le petit bout d’herbe qui longe le magasin. Le type nous renvoie vers un camping qui se trouve à un kilomètre en bord de mer. D’accord! À la réception, nous demandons un emplacement pour notre tente. Le gars qui se comporte comme un ours est plus sympathique qu’il n’y paraît puisqu’il nous surclasse dans un petit bungalow. Merci! La fin de journée est détendue. Nous aurons même le temps d’aller tremper nos pieds dans la mer <3

Istanbul, nous voilà !

Parce que les images sont parfois plus parlantes que les mots, voici un résumé de notre arrivée à Istanbul en vidéo !

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